(...)Allo Boulot Bobo : Quelles sont donc ces règles pour améliorer la santé globale et le bien-vivre ?
Comme je l’ai dit précédemment, la santé globale est possible dans un équilibre global. Dans ce sens, certains éléments dépendent de l’entreprise qui se doit d’agir pour améliorer le bien-vivre de ses salariés (l’équilibre vie privée/vie professionnelle, l’environnement de travail, l’organisation du travail…)
Mais il y a également une nécessité de responsabilisation des individus. En effet, il est important que les salariés soient dans une démarche volontaire. Il ne s’agit pas d’un retour à l’entreprise paternaliste, mais d’une démarche socialement responsable avec une culture d’entreprise d’engagement.
Pour résumer, je dirais que la Santé globale est de la responsabilité de chacune des parties prenantes de l’entreprise. Elle nécessite un réel engagement de la Direction, comme le stipule la norme ISO 26 000 sur la responsabilité sociétale mais également une responsabilisation de l’ensemble des parties prenantes : salariés, managers, représentants du personnel (CHSCT, CE, DP, DS), administrateurs, médecin du travail ….
D’autre part, ces engagements doivent être en cohérence les uns avec les autres. Pour cela il est nécessaire d’instaurer un dialogue social de qualité dans l’organisation sur la santé globale.
ABB : Pourriez-vous nous en dire plus sur le lien entre la Performance sociale et la Performance économique ?
Tout d’abord, pour les entreprises, le coût de « la non santé » est directement calculable sur les dépenses en prévoyance et en mutuelle. Il s’agit de coûts directs. Plus l’entreprise est confrontée à des arrêts maladies, par exemple, plus elle paye. En plus, il est clair que la prévoyance va augmenter au fur et à mesure des années avec l’arrivée du financement de la dépendance.
Comme je l’ai dit précédemment, la « non santé au travail » entraîne donc des coûts directs dus à l’absentéisme, …, mais également au présentéisme (être au bureau mais avoir la tête ailleurs), au turn-over, …. Ces dépenses viennent clairement impacter la performance économique de l’entreprise.
De plus, en France, l’employeur a une obligation de résultat en matière de santé au travail et de prévention des risques psychosociaux et il peut-être tenu pénalement responsable en cas d’accident grave.
ABB : Pensez-vous qu’aujourd’hui les directions sont sensibilisées à ces problèmes de santé globale ?
Je pense que oui. Il y a une prise de conscience progressive sur ces sujets de la part des directions. Par contre, il faut bien considérer que le pouvoir n’appartient pas directement aux directions d’entreprise mais plutôt aux actionnaires et aux conseils d’administrations. Et c’est à ce niveau de la gouvernance que le changement doit s’opérer. Si la vision ne change pas au niveau des actionnaires, comment voulez vous que cela change au niveau des directions. Faisant moi-même partie d’un conseil d’administration, je confirme le fait de gérer davantage les chiffres que les personnes, mais en revanche le fait de demander d’inscrire le sujet à l’ordre du jour permet de le traiter.
Je suis personnellement pour la cotation des entreprises en fonction de leur performance sociale, sur l’analyse des facteurs de risques liés à l’humain. On parle bien de goodwill par rapport à l’image de l’entreprise. Il faudrait proposer la même chose pour le capital humain. Car pour le moment, ce n’est pas pris en compte pas les actionnaires.
Je reste cependant très optimiste car nous n’avons jamais autant parlé du problème de la santé globale et du bien-vivre au Travail. De nombreuses personnalités telles que Christian Larose et Henri Lachmann portent le sujet. Et au travers des bonnes pratiques que nous avons pu constater en élaborant l’ouvrage avec ma co-auteure Roseline Desgroux, je peux affirmer que les actions se multiplient pour améliorer la santé globale dans les entreprises de manière durable.
Propos recueillis par Julien Tréfeu
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