Suite à l'article "Une société où la confiance n'existe plus perd ses bases" de Michela Marzano, Philosophe, paru le 18/04/2011 sur la Tribune. Propos recueillis par Sophie Péters
Michela Marzano, Philosophe Italienne, nous propose ici une réflexion extrêmement riche sur la notion de confiance dans notre société et nos entreprises. Alors que la crise sociale semble prendre chaque jour de l'ampleur, le manque de confiance apparait comme la source principale du problème.
Dans ce monde contemporain de plus en plus individualiste et compétitif, le chacun pour soi entraine une méfiance de plus en plus importante vis à vis des autres. A vouloir à tout prix développer sa confiance en soi, nous nous retrouvons ainsi dans une solitude existentielle.
Dans l'entreprise, le problème est le même. "Le management contemporain nous enseigne que montrer nos faiblesses et nos failles signifie donner aux autres la possibilité de nous blesser et de nous dominer. Au fond de nous, nous sommes convaincus que l'autre est une menace. Avoir confiance en soi permet du coup de se protéger en attirant à soi la confiance des autres.Mais la confiance mutuelle n’est pas là. "
Alors, comment imaginer dans ces extrêmes des cohésions d'équipe, des managements de projet collectifs ?
La confiance devrait ainsi être le moteur de la performance; recréer le lien de confiance dans la société moderne comme dans les entreprises devrait être une vision et un but partagé par tous.
"L’enjeu est là : c’est parce que la confiance est, et doit, redevenir un pari qu’on peut y gagner quelque chose de formidable et d’essentiel. Découvrir que nous sommes capables de laisser une porte ouverte sur l’inconnu, sur ce qu’on ne maîtrise pas. Avoir confiance, c’est admettre la possibilité du changement, de la trahison, du revirement. Une possibilité qui pourtant ne suffit pas à la détruire."
Réflexion à lire et à partager ! (Ndlr)
Extrait :
La crise de 2008 a exposé au grand jour que nous vivions dans un monde dominé par la méfiance et la défiance. En faisant de l'individu une ressource, on l'épuise. Pour sortir de l'impasse, estime Michela Marzano, il nous faut réfléchir à nouveau à ce qui fonde notre lien. Et re-conceptualiser la confiance.
Partout, les effets de la crise et des bouleversements que nous vivons montrent à quel point la confiance nous fait défaut. Ne savons-nous donc pas à quoi ressemble la confiance dans la réalité ?
On ne le sait pas parce que c'est devenu un concept désuet qui a perdu de sa force avec la montée de l'individualisme et l'abus de son usage dans les slogans publicitaires. La vague conspirationniste qui frappe les États-Unis et l'Europe est une preuve flagrante d'une généralisation de la méfiance. C'est la conséquence d'une idéologie qui a triomphé depuis Reagan et Thatcher et qui n'arrête pas de valoriser la capacité de chaque individu à ne dépendre de personne. En nous concentrant sur notre intérêt personnel, nous avons imaginé que le sens du collectif serait une évidence.
On a réduit la confiance à une compétence personnelle qu'il suffit de cultiver pour faire partie des gagnants. Il y a désormais deux catégories de gens : les gagnants et les perdants. C'est-à-dire ceux capables de gérer seul, de ne dépendre de personne, et les autres. En d'autres termes : si j'assume, c'est que je n'ai pas besoin des autres. Faire confiance à autrui c'est l'apanage des faibles et des fragiles. La crise de 2008 a ouvert une brèche dans ce raisonnement et exposé au grand jour que nous vivions dans un monde dominé par la méfiance et la défiance. On a abusé de la confiance dans les gens qui n'accordent plus la leur aux élus, aux médias, aux institutions et aux entreprises. (...)
Lire la suite sur le site de la Tribune





























Diffusé sur France 2: Le stress au travail, un mal qui n'épargne personne. Des causes systémiques facteurs de stress aux obligations réglementaires de prévention.













