JEUDI 25 Novembre 2010 à 8h45 – Lieu : 12 rue du Quatre septembre 75002 Paris
Avec la participation des auteurs Jacques DELGA & Bruno BROCHENIN
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SOUFFRANCE AU TRAVAIL DANS LES GRANDES ENTREPRISES
Sous la coordination de Jacques DELGA
La souffrance des salariés au travail est un thème d’actualité, pour de nombreuses années encore comme le prévoit dans ce manuel l’un des auteurs, médecin spécialiste de la souffrance. Mais ce thème est sulfureux car cette souffrance est souvent niée par le haut management et les directions. Ces derniers évoquent une médiatisation exagérée. Ils font observer que la pénibilité au travail était bien plus grande lors des siècles précédents. Ils estiment que les suicides dans les locaux de l’entreprise dont on a tant parlé ont essentiellement pour cause la faiblesse psychologique des employés et sont dus à des problèmes personnels.
Pourtant nul ne peut nier dans le monde du travail le phénomène de stress confondu ou associé parfois avec le harcèlement moral. Qu’en est-il véritablement ? Est ce vraiment nouveau ? Comment ce stress doit-il ou est-il considéré aujourd’hui non seulement d’un point de vue médical mais aussi juridique ? Quelle est la différence avec le harcèlement ? Les frontières sont-elles véritablement marquées ? Quelles sont plus généralement les raisons profondes de la souffrance actuelle en France ? Qu’en est-il a fortiori lorsque le salarié est déjà un travailleur physiquement handicapé ?
L’aspect psychologique initialement ignoré ou méprisé de certains troubles peut-il continuer à être rejeté alors que paradoxalement le management s’appuie plus que jamais depuis les années 80 et d’une manière de plus en plus envahissante sur des méthodes psychologiques copiées sur les anglo-saxons pour évaluer ou gérer les « ressources humaines » de l’entreprise ? Le traditionnel retour sur expérience n’a t-il pas cédé la place à des techniques insidieuse importées d’un autre monde ? Sont-elles pour autant adaptées et bien comprises par des pays de droit latin comme le nôtre ? Doit–on oublier que la majorité des pays de notre planète font référence à un droit d’origine romano-germanique (dit encore droit latin) ce qu’on semble vouloir ignorer dans les grandes sociétés en France? Est-on surtout conscient d’une évolution progressive si ce n’est d’une révolution dans l’entreprise qui ne dit pas son nom ?
Ce manuel tente de faire le point juridique, médical, sociologique, psychologique, sur ces diverses questions. Que dit la loi ? Quelle est notamment la position et l’évolution actuelle de la jurisprudence mais aussi du médecin, du psychanalyste, du sociologue. L’ouvrage essaie de démonter et d’expliquer le mécanisme actuel de la souffrance au travail, d’en établir les causes, de proposer des solutions simples. Une des originalités de cette œuvre collective résulte de la multiplicité des auteurs qui appartiennent à des disciplines distinctes-managériales, juridiques, médicales, psychologiques, psychanalytiques, sociologiques, journalistiques-
Jacques DELGA est Avocat à la Cour d’Appel de Paris, Docteur d'Etat en Droit, ancien professeur associé des universités et professeur, honoraire à l’ESSEC. Il est l’auteur de très nombreux articles et de divers ouvrages juridiques en français, en anglais qui ont fait l’objet de traductions dans des pays étrangers, portant notamment sur la délinquance d’affaires, l’abus de biens, l’éthique d’entreprise (ou son cynisme), la responsabilité des dirigeants, le droit des contrats, le droit du travail, de droit de l’entreprise, le droit des associations, la« corporate governance », etc.
OU VA L’ENTREPRISE ? Organisation et dérives
Bruno BROCHENIN
Quels sont les secrets et les dérives du fonctionnement de l’entreprise actuelle ?
Après un rappel des éléments fondamentaux de l’architecture de l’entreprise, l’auteur explique comment les procédures dites « modernes » étouffent la vie des salariés et les privent de ce qui devrait être le plus important : vivre de leur métier et exprimer leur compétence.
Profondément marqué par les suicides récents, mais devenus chroniques, des salariés de grandes entreprises, il s’intéresse au « Back office mental » des entreprises et de leurs salariés.
Comment en est-on arrivé là, comment la recherche de productivité et l’organisation mondiale dans la plupart des entreprises ont-elles pu générer autant de frustrations et d’inquiétudes chez les salariés et de facto chez les dirigeants ?
Comment les actionnaires traditionnels ont-ils pu laisser la place à des investisseurs sans contact avec le métier d’origine des entreprises rachetées, sans examen des potentiels humains des « cibles » ?
Comment a-t-on pu transformer des personnels conquérants en victimes de la mondialisation ?
Comment les consommateurs, en achetant aveuglément, peuvent-ils scier la branche sur laquelle reposent notre industrie, notre agriculture et plus globalement l’emploi ?
Comment la grande distribution peut-elle capter quatre fois plus de marge que les producteurs et donc acheter à vil prix des biens qu’elle revend à prix fort, au détriment des consommateurs ?
Comment peut-on accepter que des intermédiaires récupèrent à leur seul profit, en absence totale de légitimité et de transparence, les bénéfices générés par la différence entre la faiblesse des coûts en Asie et les prix forts dans nos sociétés occidentales ?
Des témoins – employés, dirigeants, ou clients – expriment leur perplexité quant aux situations que ces excès produisent. Est-ce systémique ou anecdotique ? La citoyenneté économique française, et plus généralement occidentale, est-elle soluble dans le marché mondial ? Comment avancer ?
Diplômé de l’Essec et praticien des projets depuis vingt ans, l’auteur a mené à bien un grand nombre de travaux d’organisation et de réorganisation d’entreprises généralement très importantes. Il a côtoyé de ce fait tous les acteurs de l’entreprise, du sommet à la base. Sa pratique l’a conduit à mettre en place et à expérimenter, les innovations permises par les nouvelles technologies de l’information et de la communication.
Profondément « français de l’étranger », il a eu l’opportunité de faire – incognito – l’expérience de l’intégration à la française, par l’apprentissage et l’exercice d’un métier ; il est particulièrement sensible à l’enrichissement mutuel des altérités.
Dans le contexte actuel, donner voix aux différences dans l’entreprise lui paraît conditionner la « sortie de crise ».
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