L'école sur le chemin de la privatisation, Article de Kira Mitrofanoff paru sur le site de Challenges.fr le 02/09/2010
Cet article propose un état des lieux de l'éducation publique en cette rentrée 2010 et les chantiers à mener pour les années à venir. Le bilan est plutôt sombre mais la prise de conscience est bien réelle.
Les français approuvent à 97% l'école publique gratuite pour leurs enfants mais aujourd'hui, est-ce toujours une réalité ? Les dépenses sont de plus en plus nombreuses. On a constaté une augmentation très importante des élèves mais sans adaptation du système.
Des inégalités sociales subsistent encore. En 2008, seulement 18% des élèves d'origine sociale défavorisée ont obtenu un bac L, ES ou S contre 78% d'élèves provenant de catégories sociales aisées.
Au niveau de la réussite globale des élèves en France, les faits sont également troublant : « l'élite scolaire est proportionnellement moins importante en France que dans les pays qui obtiennent les meilleurs résultats ». On constate "une « distillation ségrégative » empoisonne tout le système malgré un « gavage » hallucinant".
Du coup, de nombreux parents se tournent vers le privé. Les écoles de management et les formations courtes font recette. Le ministre de l'éducation, Luc Chatel, a du pain sur la planche et il faut espérer que les 106 collèges du programme Ambition réussite élaborés sur le système privé avec un soutien scolaire plus important et un projet plus adapté fassent des petits.
Au pays de Jules Ferry, jamais le système scolaire n'a été aussi inéquitable. L'argent s'est engouffré dans les failles de l'enseignement public. Et le privé de donner des leçons.
Une école gratuite pour tous. Un dogme auquel 97 % de Français sont attachés, selon une étude exclusive menée cet été pour Challenges par OpinionWay (lire page 51). Une vraie valeur républicaine et consensuelle. Qui dégouline d'hypocrisie. Car, selon la même enquête, une large majorité de Français - y compris 52 % des sympathisants de gauche - sont prêts à payer pour l'éducation de leurs enfants. Ce qu'ils font déjà. Entre l'inscription en prépa pour les uns (7 000 euros l'année), le stage de prérentrée (650 euros) fin août, et la boîte à bac (3 900 euros) pour les autres, sans oublier le bilan d orientation (450 euros) et les séances d'orthophonie (29 euros la demi-heure)... la facture est déjà élevée avant même que l'année n'ait commencé. Et puis, il faudra penser au séjour linguistique, fortement recommandé.
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