INRETS (Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité), Université Bernard Lyon 1, INVS (Institut de Veille Sanitaire), Avril 2010
Etude établie en avril 2010 par l'INRETS, l'Université Bernard Lyon 1 et l'INVS sur les liens entre les contraintes de travaiil et la santé et même le suicide et l'organisation du travail.
Les liens entre les contraintes de travail et la santé ont été établis ces deux dernières décennies par les scientifiques au niveau international [Karasek, 1990 ; Siegrist, 2008 ; Netterstrom, 2008].
En France, plusieurs indicateurs de climat délétère dans les entreprises ou les secteurs d’activité ont été produits ces dernières années : il s’agit d’indicateurs permettant de quantifier principalement les déséquilibres effort/récompense, la tension au travail ("job strain") [Niedhammer, 2008a] et l’exposition aux violences physiques ou psychologiques [Niedhammer, 2006]. Leurs liens avec la santé cardiovasculaire [Kasl, 1996] et la santé mentale des travailleurs sont établis [Paterniti, 2002 ; Niedhammer, 2008b ; Cohidon, 2009] ; certaines conséquences sur les troubles musculo-squelettiques ont également été décrites [Deeney, 2009]. *
La survenue de suicides en lien avec le travail constitue quant à elle un indicateur d’alerte majeure. Sa quantification, bien que ne pouvant être considérée comme suffisante à la connaissance de la dégradation des conditions de travail devrait être intégrée au corpus de connaissances sur les risques professionnels.
Cette première approche, qui permet d’avoir un reflet macroscopique de la situation suicidaire en milieu de travail, ne permet en aucun cas d’en analyser les causes. Elle ne permet pas non plus de repérer des situations particulièrement aigües dans certains secteurs. Poursuivie régulièrement, ce type d’étude contribue néanmoins au socle de connaissances sur les causes de décès parmi les actifs en France.
La présente analyse consiste donc à décrire la mortalité par suicide et son évolution au cours du temps dans la population des hommes salariés selon les secteurs d’activité auxquels ils appartiennent. Une comparaison à l’évolution temporelle de la mortalité par suicide dans l’ensemble de la population en âge d’activité a également été réalisée.
METHODE
L’analyse de la mortalité par suicide chez les salariés en emploi, en fonction du secteur d’activité, a été effectuée dans le cadre du projet Cosmop [Geoffroy-Perez, 2006], développé par le Département santé travail (DST) de l’Institut de veille sanitaire.
Ce travail s’appuie sur le couplage de deux sources de données existantes, des données sociodémographiques d’une part et des données de mortalité d’autre part.
Les données démographiques et socioprofessionnelles de la présente analyse proviennent du panel DADS (Déclaration annuelle des données sociales). Il s’agit d’un échantillon longitudinal de salariés au 1/25e, constitué par le Département de l’emploi et des revenus d’activité de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) à partir des déclarations annuelles des données sociales faites par les employeurs et dont l’Insee est destinataire. Dans un premier temps, le Département de la démographie de l’Insee a recherché les personnes de l’échantillon décédées entre 1976 et 2005 grâce à un appariement avec le Répertoire national d’identification des personnes physiques (RNIPP). Puis l’InVS a recherché la cause du décès par appariement, au fichier national géré par le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc) de l’Inserm.
Du fait de son origine, la population issue des DADS est exclusivement constituée de salariés. Les agriculteurs exploitants et les professions indépendantes en sont exclus. De plus, le champ d’exploitation des DADS par l’Insee jusqu’en 2002 excluait également les salariés de la fonction publique d’État, de l’agriculture, des services domestiques et des activités extraterritoriales. Les déclarations des établissements de l’État à caractère industriel ou commercial (grandes entreprises) et celles des collectivités territoriales et des hôpitaux publics font actuellement (de façon exhaustive depuis 1992), en revanche, partie du champ d’exploitation [Insee, 2008].
Retrouver l'étude complète sur le site de Capital Santé
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