Aujourd’hui, nous ouvrons nos colonnes à Victor Waknine, Fondateur et Associé gérant du Cabinet Mozart Consulting. Il vient de publier la première étude statistique sectorielle sur le bien-être/mal-être au travail présentant l’IBET (Indice de Bien-Etre au Travail). Télécharger l'étude au format pdf : Cliquez ici
Allo Boulot Bobo : Victor Waknine, pourriez vous dans un premier temps nous préciser la méthodologie de cette étude et ses objectifs ?
Victor Waknine : La méthodologie générale utilisée est basée sur des Taux et Indicateurs qui traduisent une dégradation objective de la performance opérationnelle des entreprises et organisations, générée par les coûts cachés de mal-être au travail relatifs à : l’absentéisme pour maladie ordinaire, aux accidents du travail et de trajet, aux maladies professionnelles et aux sorties forcées de personnel, notion nouvelle dans le reporting de la performance RH.
La méthodologie est issue de la relation entre l’ordre et le désordre : l’ordre et le désordre ne font qu’un. Dans un premier temps, nous avons donc calculé les taux de mal-être au travail (TMETs) pour en déduire l’IBET. Ainsi, le bien-être et le mal-être au travail peuvent être reliés par cette relation : IBET = 1 - ΣTMETs.
Cette étude sectorielle est établie sur les données statistiques 2009 publiées par des organismes officiels. Il s’agit de la DARES pour les mouvements de main d’œuvre et de la CNAMTS pour les Accidents de Travail, les Maladies professionnelles et les Accidents de trajet.
Pour l’absentéisme, il n’existe, à ce jour, aucun organisme public qui fournisse des statistiques nationales. J’ai donc opté pour les publications d’Alma Consulting qui est une référence nationale en matière d’absentéisme auprès des DRH depuis 2008 (échantillon de 200 entités de toutes tailles représentant plus de 400 000 salariés des secteurs privés et publics).
Pour le calcul des Taux de mal-être au travail (TMETs), nous avons suivi les recommandations du contrôle de gestion socio-économique documenté par l’ISEOR de l’Université Jean Moulin de Lyon, et avons appliqué un coefficient de désorganisation pour les coûts cachés de 2 sur les activités de transformation et de 2,5 pour les activités tertiaires.
Les objectifs de cette étude sont multiples. Tout d’abord elle permet d’alerter au plus tôt les directions sur le niveau des dégradations socio-économiques dû au mal-être au travail impactant leur performance opérationnelle.
Cette étude, basée sur les données internes de l’entreprise, constitue un éclairage primordial pour les organisations encore dans le déni et dans le manque de transparence vis-à-vis de leurs parties prenantes internes et de leur gouvernance.
Enfin, le calcul de l’IBET et des TMETs est un préalable aux diverses démarches de mise en conformité pour la RSE et la prévention des Risques Psycho-Sociaux (RPS).
Allo Boulot Bobo : Pouvez-vous nous indiquer quelles sont principales conclusions de cette étude satistique sectorielle sur le bien-être/mal être au travail ?
Victor Waknine : Cette étude révèle un Indice de Bien-être au Travail (IBET©) sectoriel global 2009 de 0,77. Cela signifie une dégradation de 23% de la performance opérationnelle ainsi qu’un climat socio-organisationnel « Contraint » des entreprises et organisations comme on le constate dans le baromètre ci-dessous :

Dans le détail, nous constatons que les secteurs « Industrie » et « Filière Agroalimentaire » se distinguent par leur IBET supérieur à 0,80... Lire la suite
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