Santé et environnement : Diagnostic et prise en charge des syndromes collectifs inexpliqués
Synthèse 2010 - Dossier réalisé par le Ministère de la Santé et des Sports et l'INVS (Institut de Veille Sanitaire)
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Pourquoi un guide pour investiguer les syndromes collectifs inexpliqués ?
L’Institut de veille sanitaire (InVS) est régulièrement sollicité pour contribuer à l’exploration des syndromes collectifs d’origine non expliquée. Il est apparu qu’un nombre non négligeable de ces phénomènes ne trouvait pas d’explication fondée sur un mécanisme simple d’interaction entre l’environnement physicochimique et les processus biologiques. Ce type de syndromes collectifs non spécifiques est théoriquement rapidement résolutif, mais il peut parfois prendre une ampleur inattendue en raison notamment du contexte psychologique et social dans lequel il survient. C’est ainsi que, par exemple, entre décembre et janvier 2006 dans un lycée de l’Aisne, on a pu recenser jusqu’à 153 cas d’irritations cutanées, impliquant la fermeture du lycée. Les enquêtes épidémiologiques et les analyses d’air traditionnellement menées dans ce type de situation ne permettent pas toujours d’identifier une cause qui puisse expliquer à elle seule la survenue et la dissémination des symptômes.
Conscients de la nécessité de capitaliser les expériences locales de ces crises afin de dégager des lignes directrices d’évaluation et de gestion, l’InVS et la Direction générale de la santé (DGS) ont mis en place en 2008 trois groupes de travail. Le premier, piloté par la DGS, a permis l’élaboration d’un guide pour la prise en charge des situations relatives à la qualité de l’air intérieur, sans signalement sanitaire. Les deux autres, pilotés par l’InVS, se sont intéressés de manière complémentaire à ces signalements sanitaires collectifs, en ajoutant les aspects psychosociaux à une prise en charge classique, élargissant ainsi le regard pluridisciplinaire. Ce sont ces éléments qui sont rassemblés dans ce guide, proposant une méthode où évaluation et gestion sont très intriquées.
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Qu’entend-on par syndrome collectif inexpliqué ?
L’appellation "syndrome collectif inexpliqué" sert à définir l’ensemble des épidémies de symptômes non spécifiques, essentiellement de type neurologique (malaises, céphalées), dermatologique (prurit, boutons), oto-rhino-laryngien (irritations, inflammations) ou digestif (douleurs abdominales, nausées), survenant en collectivité et dont l’origine n’est pas établie, les causes infectieuses et toxiques majeures ayant été écartées.
Ces syndromes collectifs sont facilement générateurs de crise tant qu’ils demeurent inexpliqués ou qu’aucune explication sur leur cause ne fait consensus au sein de la collectivité dans laquelle ils surviennent. Ils mettent souvent en cause la qualité de l’air intérieur, comme dans le cas des syndromes du bâtiment malsain et peuvent s’appuyer sur des peurs, des croyances, des non-dits. Les syndromes collectifs inexpliqués peuvent survenir dans un contexte social tendu (conflit entre salariés et direction, incertitudes sur l’avenir, déménagement, réorganisation…). Les manifestations somatiques qu’ils génèrent, non spécifiques et souvent bénignes, peuvent toutefois être mal vécues et générer de l’anxiété, facilement alimentée par l’incertitude qui entoure les causes. Les mesures de gestion prises doivent veiller à ne pas alimenter ce climat d’insécurité. La littérature scientifique fait état d’une étiologie multifactorielle, mais le regard multidisciplinaire sur ces questions, assez récent, ne fait pas encore l’objet de publications scientifiques.
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Le syndrome du bâtiment malsain est-il un syndrome collectif inexpliqué ?
Le terme de "syndrome des bâtiments malsains" a été introduit dans les années 1970 et validé par l’Organisation mondiale de la santé en 1983 pour décrire un excès de symptômes fonctionnels dépassant le "bruit de fond" attendu chez une partie des occupants de bâtiments non industriels confinés. Il s’applique à des phénomènes chroniques. Cette appellation
regroupe donc les syndromes collectifs pour lesquels une origine environnementale est suspectée, potentiellement liée au bâtiment où les épidémies se produisent. Ces facteurs sont divers tels que des travaux récents, une ventilation inadaptée des locaux ou des produits potentiellement contenus dans l’air intérieur. Cette appellation ne signifie pas, toutefois, que ces facteurs suffisent à eux seuls à expliquer l’existence des symptômes.
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Dans quelles collectivités ces syndromes collectifs inexpliqués surviennent-ils ?
Les collectivités concernées sont :
les collectivités d’enfants : crèches, écoles, collèges, lycées,
- maisons familiales, colonies de vacances ;
- les milieux professionnels ;
- les hôpitaux, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, les prisons.
Les milieux "ouverts" (gymnases, quartiers…) ont été exclus du périmètre du guide.
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Comment et par qui ce guide a-t-il été conçu ?
Ce guide est issu d’un travail collectif pluridisciplinaire rassemblant des scientifiques issus des sciences humaines et sociales (sociologue, psychosociologue, anthropologue, psychanalyste), des épidémiologistes, des évaluateurs de risques, des toxicologues, des métrologistes, des spécialistes de santé et environnement, des médecins, des spécialistes de la communication et des représentants des administrations centrales et déconcentrées des ministères chargés de la Santé, du Travail, de l’Écologie et de l’Éducation nationale.
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À qui ce guide est-il destiné ?
Les personnes amenées à mettre en oeuvre le contenu de ce guide sont les personnels des :
- Cellules de l’InVS en région ;
- Agences régionales de santé ;
- laboratoires d’expertise environnementale ;
- services déconcentrés des ministères chargés du Travail, de l’Écologie et de l’Éducation nationale ;
- services communaux d’hygiène et de santé ; -
- Centres antipoisons et de toxicovigilance.
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